Je sais que c’est cliché comme phrase, mais se lancer en affaires, c’est comme sauter d’une falaise sans parachute et de devoir se construire un avion en tombant pour pouvoir ensuite remonter et atteindre les plus hauts sommets. Ok, promis, ce sera pas kitsch de même durant les prochains paragraphes.

Je me souviens très bien du moment-clé ou ON a pris la décision de partir. Je dis « ON », parce que ma blonde est embarquée à cent milles à l’heure dans le projet avec moi et elle est une des raisons principales de la réussite de ce projet. J’en parlerai plus loin, mais le support de l’être cher, de la famille et des amis se veut un essentiel à la réussite d’un projet d’entrepreneur. Sans leur soutien, c’est faisable, mais ô combien plus difficile et vraiment moins amusant!

L’idée de repartir en business (oui, oui, repartir; on en parlera plus loin également) nous est venue pendant un roadtrip au Lac St-Jean durant le temps des fêtes de 2014.

Durant le voyage, je discutais avec ma blonde que j’étais malheureux à mon emploi d’alors. Pourtant, je réussissais bien. J’ai mérité le trophée de recrue de l’année et de meilleur vendeur en petites entreprises. Mes collègues étaient vraiment sympas, mais il me manquait quelque chose à l’intérieur, un profond manque que je n’arrivais pas à combler…

Lors d’un séminaire, je faisais un parallèle avec le hockey pour bien exprimer mon sentiment. J’avais le sentiment de jouer sur le 4e trio d’une équipe qui aspire à la coupe Stanley. Oui, le succès est possible et atteignable « facilement », mais est-ce que je suis partie prenante de ce succès? Pas tant… je fais mon petit boulot, je ne suis pas impliqué dans les décisions. J’exécute, tout simplement.

Je préférais être dans une équipe qui se bat pour accéder aux séries, mais avoir un rôle d’impact dans cette équipe. Le but est plus modeste, au départ, mais l’implication et le sentiment d’accomplissement sont foutrement plus valorisés. Je racontais cela à ma copine tout en roulant sur les routes enneigées du Lac St-Jean… quand les mots qui ont transformé ma vie sont sortis de sa bouche :

« Pourquoi tu ne repars pas en affaires? »

Hein? Repartir? Je suis endetté, j’ai deux enfants en garde partagée, je ne suis pas dans une position pour repartir à mon compte. Plus je me disais que le moment n’était pas propice, plus une petite voix intérieure me soufflait le contraire. Pour finalement arriver au raisonnement suivant :

POURQUOI PAS? HEIN? POURQUOI PAS? (Référence RBO… LOL)

Ce fut un des apprentissages les plus pertinents de ma vie d’entrepreneur. Le meilleur moment, c’est maintenant, hier, demain. Il n’y a pas de meilleur moment, il n’y a que le moment où l’on prend la décision de sauter. Après, on n’a pas le choix. On a tombe tête première dans le vide et il faut fabriquer l’avion…